Depuis environ 6 mois que nous découvrons le monde du libertinage, nous ne comptons plus le nombre de fois où, lors d’un dialogue sur un site de rencontre ou sur msn avec des couples ayant pratiqué un mélangisme moins soft que le nôtre, voire l’échangisme, après avoir exposé notre recherche et nos limites, nous avons eu droit au rituel : « c’est bien… pour un début ». Généralement cette phrase, pleine de compassion et d’encouragements à poursuivre dans notre démarche, est suivie d’un : « nous respectons car nous aussi, au début, on était comme vous, avant d’aller plus loin ».
Comme si notre voie dans le libertinage était toute tracée, avec un début (sommes nous d’ailleurs tous au même stade sur cette ligne de départ ou existe-t-il déjà des couples plus « avancés » que d’autres – bien sûr nous connaissons la réponse), des étapes à franchir, et une ligne d’arrivée dont nous avons d’ailleurs parfois du mal à imaginer ce qu’on peut y trouver une fois franchie (nous ne sommes cependant pas naïfs J). Généralement, dans ces cas, nous écourtons la conversation. Ce qui est dérangeant, ce n’est pas tant l’idée d’avoir le sentiment d’être dans un stade pour courir un relai du 4x100m dans lequel nous n’en serions qu’au premier passage de témoin, que le message maladroit qu’il ya a derrière, presque paternaliste, qui consiste à nous rappeler que forcément, nous irons beaucoup plus loin, un jour. Certains prennent d’ailleurs déjà un ticket en terminant par : quand vous serez plus avancés dans votre démarche (sous entendu, quand vous serez au même palier que nous), n’hésitez pas à nous faire signe. On ne sait jamais, ça ne coûte rien de le proposer ! Mais au fait, la phrase plus adaptée ne serait-elle pas : SI vous décidez d’aller plus loin dans votre démarche en changeant les limites que vous vous êtes fixées, et qu’elles deviennent en adéquation avec nos envies, n’hésitez pas à nous faire signe pour un plaisir totalement partagé…
Ce que nous trouvons dommage lors de ces échanges, c’est qu’au lieu de nous expliquer pourquoi ils ont déplacé leurs limites initiales (car malgré tout on se fixe toujours de nouvelles limites à ne pas transgresser), ce qu’ils ont ressenti en les dépassant, et comment ils ont vécu et accepté ce qui leur semblait comme nous, à la base, être infranchissable, ces couples nous font comprendre que nous, presque des « sous libertins », pour reprendre l’expression d’un couple d’amis (pas de droits d’auteur svp), n’avons pas conscience de la fatalité qui est la nôtre, à terme J. Comme si on avait mis le doigt dans un engrenage dont nous ne maîtrisons pas le mécanisme.
Nous ne disons pas que nos limites sont intangibles. Elles ont déjà évolué depuis que nous avons ouvert la porte de ce monde coquin. Nous nous donnons juste le droit de ne pas être dans le moule qui, inéluctablement, nous conduira vers l’échangisme. Peut-être qu’un jour, nous nous trouverons à un autre palier que celui où nous sommes aujourd’hui (quelle belle image, nous qui pensions trouver malgré tout un peu de poésie dans un concept finalement mécanique ?). Personne ne peut savoir, même pas nous ! Mais nous nous réservons aussi le droit d’affirmer, sans avoir besoin de nous justifier ou d’argumenter, que le plaisir que nous éprouvons au stade où nous sommes nous comble amplement, et que nous ne ressentons pas l’envie d’aller chercher le témoin suivant, 100m plus loin… jamais ou pour le moment ?
Alors bien sûr vous avez totalement le droit de ne pas être d’accord avec nous (et nous le respectons J), certains d’ailleurs se reconnaîtront peut-être dans la lecture de ces lignes et considèreront que nous n’avons pas compris leurs propos (dont acte et dans ce cas nous en sommes désolés), mais plutôt que de continuer à nous dire toujours ces mêmes phrases, profitez de la possibilité offerte de laisser un commentaire sur ce blog pour nous livrer votre expérience et surtout vos réflexions sur le sujet. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas de nous entendre dire que nous avons encore des étapes à franchir (ou pas). Ce qui nous intéresse, c’est ce qui vous a conduit à évoluer (ou pas), pourquoi, et comment vous l’avez géré. Nous ne demandons pas forcément un essai philosophique ou une dissertation de 15 pages en commentaire, mais juste quelques lignes pour nous permettre de comprendre votre vécu libertin. Alors à vos claviers !!!!!! Bizzzzz
Eva et Chris
N'ayant pas trouvé le moyen pour que des commentaires puissent être déposés directement dans nos albums photos, vous pouvez réagir sur ces galeries à partir de cet article. N'hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez. A vos claviers. Bises libertines
Eva et Chris
Depuis que nous avons décidé d’explorer les plaisirs du libertinage, nos limites ont un peu évolué. Notre démarche initiale était basée sur l’excitation induite par deux pratiques : partager des soirées sensuelles au travers de la nudité avec un autre couple (par le biais de jeux ou de massages) et faire l’amour à côté d’un autre couple (voire de plusieurs…). Nous avons connu ces deux situations et nous y avons trouvé (et y trouvons toujours d’ailleurs) notre compte. Mais assez rapidement, notamment à force de discuter avec d’autres personnes de leurs propres démarches et de leurs expériences personnelles, le sujet du mélangisme est venu dans nos conversations avec Eva. La question était de savoir si le fait d’échanger des caresses avec d’autres couples serait en contradiction avec nos limites : ne pas « partager » l’autre physiquement. En fait, de manière très soft, nous avions déjà connu un mélangisme balbutiant. Lors de nos deux soirées « massage » par exemple nous avions déjà frôlé les corps de nos amis. Impossible également de ne pas être en contact physique avec d’autres couples dans le jacuzzi du sauna. On se disait inconsciemment que ces situations étaient « involontaires », liées à la configuration des lieux, et que donc elles n’étaient pas gênantes. Bien sûr, Eva et moi en avons parlé pour savoir si nous avions été dérangés par ces frôlements. La réponse fut négative, et on y trouvait même une certaine excitation. A aucun moment nous n’avons pas eu le sentiment de transgresser nos limites, tant ces contacts étaient furtifs et anodins. Il ne s’agissait pas de caresses entre couples, ce qui explique certainement cela. Mais la vraie question était de savoir si finalement cela ne traduisait pas une envie (inconsciente ou inavouée ?) d’aller un peu plus loin dans cette démarche en acceptant des contacts plus francs et « volontaires » : des caresses non intimes entre couples. Pour répondre à cette interrogation, nous avons commencé par tenter de définir ensemble la notion de partage de l’autre. Le libertinage entraine forcément un partage, dès lors que tout se fait en dehors de la stricte intimité du couple. Mais où est située notre ligne « infranchissable » ? Après discussion tous les deux, pour nous, les caresses non intimes sont dans le périmètre des possibles. Ce constat n’a pas été une grande révélationJ. Il fallait juste certainement accepter que nous avions peut-être minimisé notre envie de base. Les nombreuses discussions que nous avons eues sur ce sujet avec des couples plus libertins nous ont certainement également aidés à en prendre conscience. Tant mieux car notre recherche ne se borne pas à faire des rencontres. Elle est aussi tournée vers l’échange avec les autres libertins (et pas l’échangisme lol). Bref, une fois ce constat fait, encore fallait-il réaliser cette envie, sans qu’elle ne constitue un impératif immédiat.
C’est au sauna que nous avons connu notre première fois ! Tard dans la soirée, alors que nous étions sur le point de partir, nous avons décidé de faire un ultime passage dans les coins câlins. Et c’est à cette occasion que nous avons regardé faire l’amour un couple avec qui nous avions discuté plus tôt dans la soirée et qui connaissait nos envies et nos limites. Très vite l’homme nous aperçoit et fait signe à Eva de les rejoindre. Elle me regarde, interrogative, mais je vois dans ses yeux qu’elle en a envie. Et comme c’est aussi le cas pour moi, je lui fais comprendre que ça ne me dérange pas. Nous voilà donc installés à côté d’eux. Très vite, l’homme commence à caresser Eva : le dos, les seins, les fesses. Très respectueux de nos limites, qu’Eva lui rappelle malgré tout à sa manière, il ne va pas au-delà. J’avoue que dans un premier temps ça m’a fait bizarre de voir un autre homme la caresser. Je dois bien reconnaître que mon premier sentiment a été confus. Un peu de jalousie peut-être, et finalement une certaine excitation. Peut-être par timidité, je n’ai pas osé faire pareil avec sa femme. Je pense aussi qu’il me fallait du temps. Mais après en avoir discuté sur le chemin du retour avec Eva, nous étions contents d’avoir connu cela.
Notre deuxième expérience est très récente : samedi soir dernier, toujours au sauna. Eva et moi allons nous installer dans l’une des alcôves nouvellement créées dans ce lieu, à l’étage, dans un décor gréco-romain. Nous commençons à nous amuser tous les deux quand nous apercevons un couple de notre âge qui nous observe en se caressant. Après un petit moment de réflexion, Madame glisse un mot à l’oreille de son homme, et les voilà qui nous rejoignent. Ils se mettent à côté de nous et, petit à petit, des caresses sont échangées. L’homme s’occupe d’Eva, et, cette fois, je n’hésite pas à caresser sa femme. Curieusement (ou pasJ), je n’éprouve plus du tout cette sensation bizarre de la première fois. Plus de jalousie, juste de l’excitation à voir Eva se faire caresser et visiblement sentir qu’elle apprécie. La scène est très sensuelle et elle ne me dérange pas, certainement parce que Eva continue à s’occuper de moi en même temps. Elle semble également apprécier cette situation. Nous ne transgressons aucun de nos interdits, et je prends un vrai plaisir à voir que cet homme éprouve de l’envie pour Eva. Je dois dire qu’en fait, cette vision me procure plus d’excitation que je n’en ai moi-même à caresser sa femme. Puis à un moment, ce couple qui en attendait visiblement un peu plus de nous, choisit de partir. Nous le retrouverons plus tard « affairé », dans une configuration qui dépasse alors nos limitesJ. Tout s’est fait dans le strict respect des envies et limites de chacun, nous sommes ravis.
Comme à chaque fois, le chemin du retour est propice à la discussion. Je demande à Eva si elle a aimé ce qu’on avait fait et elle me répond « oui ». Je lui demande également si elle n’avait pas envie de caresser cet homme, car je crois que ça m’aurait excité de la voir faire. Sa réponse est d’abord négative, puis elle me dit qu’elle n’a pas osé, comme moi la première fois en fait. Dont acte, une autre fois peut-être…
Cette nouvelle expérience nous a donc permis d’avancer doucement et tranquillement dans le libertinage et d’en découvrir un peu plus. Nous savons désormais que nous trouvons beaucoup d’excitation et de plaisir à nous retrouver nus avec d’autres personnes, juste pour des massages ou pour discuter dans une piscine, à faire l’amour côte à côte, et à pratiquer ce mélangisme que nous qualifions de « soft ».
Chris